Le choix de la localisation d’une holding est une décision stratégique qui peut transformer la fiscalité, la gouvernance et la capacité d’investissement d’un groupe.
Parmi les juridictions les plus attractives en Europe, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni se distinguent par leurs régimes fiscaux favorables et leur stabilité juridique.
Le Luxembourg : la place forte des holdings européennes
Le Luxembourg est depuis longtemps l’une des destinations privilégiées pour les holdings grâce à son environnement fiscal et financier attractif.
Avantages
- Participation Exemption : exonération quasi totale des dividendes et plus-values provenant de participations qualifiées.
- Réseau de conventions fiscales : l’un des plus denses au monde.
- Stabilité politique et juridique : cadre reconnu par les investisseurs institutionnels.
- Souplesse des véhicules : SOPARFI (société de participations financières) largement utilisée.
Points de vigilance
- Image parfois associée à l’optimisation agressive, nécessitant une substance réelle (locaux, dirigeants).
- IS autour de 24,9 % mais souvent neutralisé par les régimes d’exonération.
👉 Profil type : groupes internationaux, fonds d’investissement, familles fortunées souhaitant un hub patrimonial stable.
Les Pays-Bas : la flexibilité et la participation exemption
Les Pays-Bas offrent un cadre très compétitif pour les holdings, notamment grâce à leur régime de participation exemption et à leur attractivité pour les investisseurs étrangers.
Avantages
- Participation Exemption : exonération à 100 % des dividendes et plus-values sous conditions.
- Retenue à la source : supprimée pour dividendes intragroupe UE/EEE et accords bilatéraux avantageux.
- Droit des sociétés flexible : gouvernance simplifiée, pactes d’actionnaires efficaces.
- Position géographique stratégique : hub logistique et économique au cœur de l’Europe.
Points de vigilance
- Taux normal de l’IS : 25,8 % (19 % jusqu’à 200 k€).
- Substance exigée : administrateurs locaux, bureaux, reporting.
- Pression de l’OCDE et de l’UE pour limiter les montages purement fiscaux.
👉 Profil type : PME/ETI en expansion européenne, groupes cherchant une fiscalité prévisible et des structures simples à gérer.
Le Royaume-Uni : attractivité post-Brexit
Malgré le Brexit, le Royaume-Uni reste une destination compétitive pour les holdings, grâce à son régime fiscal et à la simplicité de sa gouvernance.
Avantages
- Participation Exemption : exonération quasi totale des dividendes entrants et plus-values.
- IS compétitif : 25 % (mais régimes de déductions et optimisation possibles).
- Droit des sociétés pragmatique : grande flexibilité dans la gestion et la distribution.
- Pas de retenue à la source sur dividendes sortants.
Points de vigilance
- Brexit : perte de certains avantages intra-UE (directive mère-fille, fusion transfrontalière simplifiée).
- Image plus risquée pour certains investisseurs institutionnels.
- Coût de vie et de structure parfois plus élevés.
👉 Profil type : entrepreneurs expatriés au UK, groupes cherchant une flexibilité de gouvernance et un régime de distribution attractif.
Exemple comparatif : dividendes d’une filiale française (1 M€)
👉 Dans les trois cas (Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni), les dividendes d’une filiale française peuvent remonter quasiment sans fiscalité, ce qui explique l’attractivité de ces destinations.
Tableau comparatif synthétique
👉 En résumé :
- Luxembourg : la stabilité et le prestige, idéal pour des patrimoines familiaux et fonds internationaux.
- Pays-Bas : la flexibilité et la compétitivité, un choix naturel pour les PME et ETI européennes.
- Royaume-Uni : la simplicité et l’absence de retenue à la source, pertinent pour les entrepreneurs expatriés et groupes internationaux.
👉 Le choix dépendra de votre profil :
- Patrimonial et long terme → Luxembourg,
- Expansion européenne pragmatique → Pays-Bas,
- Souplesse et expatriation → Royaume-Uni.
FAQ – Luxembourg, Pays-Bas ou UK ?
Luxembourg et Pays-Bas offrent des exonérations totales sur dividendes/plus-values. Le Royaume-Uni séduit par l’absence de retenue à la source sortante.
Non, mais il faut justifier une substance réelle (siège effectif, dirigeants, bureaux) pour éviter une requalification en holding française.
Chaque pays applique ses règles. La France peut taxer la transmission si les héritiers résident en France. D’où l’importance d’une planification (Pacte Dutreil, démembrement, assurance-vie).