Choisir une voiture de société ne se résume plus à comparer des prix catalogue. Depuis la réforme de 2025, la fiscalité s’est nettement durcie pour les motorisations thermiques et hybrides, tandis que l’électrique conserve des avantages importants, côté entreprise comme côté salarié ou dirigeant. Résultat : à prix d’achat comparable, le coût fiscal peut varier de plusieurs milliers d’euros par an selon le véhicule choisi.

Sur le plan fiscal, l’électrique écoscoré est le choix le plus avantageux pour une voiture de société, à l’achat comme en location. L’électrique non écoscoré vient ensuite, puis l’hybride rechargeable. L’hybride simple n’offre aucun avantage fiscal.

Trois leviers expliquent ce classement :

  • L’exonération des taxes annuelles et du malus pour les véhicules électriques
  • Un plafond d’amortissement de 30 000 € pour une voiture électrique écoscorée à l’achat, contre 18 300 € pour une hybride simple
  • Un abattement de 70 % sur l’avantage en nature, réservé aux électriques éligibles à l’éco-score

Tout se joue, ou presque, autour d’un critère : l’éco-score du véhicule.

Arbre décision voiture société

1. Voiture de société électrique écoscorée : le meilleur choix fiscal

Que signifie « éco-score » ? Chaque véhicule électrique reçoit une note environnementale, calculée par l’ADEME à partir de sa fabrication, de sa batterie et de son acheminement jusqu’en France. Au-delà d’un certain seuil (60/80), il est dit éligible à l’éco-score. C’est ce critère, et lui seul, qui ouvre droit à l’abattement sur l’avantage en nature.

Une voiture de société électrique écoscorée représente le seul cas où l’entreprise et le bénéficiaire du véhicule profitent tous deux d’un avantage. L’entreprise est exonérée de la taxe sur les émissions de CO2 (ex-TVS) et du malus, et amortit sur une base de 30 000 €. Le bénéficiaire profite d’un abattement de 70 % sur l’avantage en nature, plafonné à environ 4 600 € par an. Cet abattement concerne les véhicules mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027. L’électricité de recharge est exclue du calcul.

Exemple pour un véhicule acheté 100 000 € TTC :

  • L’avantage en nature forfaitaire (15 % du prix d’achat) est de 15 000 € par an
  • L’abattement de 70 % représenterait 10 500 €, mais il est plafonné à environ 4 600 €
  • L’avantage en nature retenu est donc d’environ 10 400 € par an

Le bénéficiaire paie moins de cotisations sociales et moins d’impôt sur le revenu, mais l’économie est limitée : le plafond est atteint dès qu’un véhicule dépasse environ 44 000 € TTC. Au-delà, l’économie ne progresse plus avec le prix. Ces avantages jouent différemment selon que le véhicule vous appartient ou qu’il est loué.

En achat

L’entreprise amortit le véhicule électrique sur une base de 30 000 €, alors que pour un thermique, il est de 18 300 €. Sur 100 000 € et cinq ans en linéaire pour une voiture électrique, cela représente 2 340 € de déduction supplémentaire par an par rapport à un thermique, soit environ 585 € d’impôt sur les sociétés économisés au taux de 25 %. Les déductions d’amortissement sont étalées sur plusieurs exercices, et 70 000 € du prix ne sont jamais déductibles. Le risque porte sur la valeur résiduelle : sur un véhicule de ce prix, une décote importante à la revente pèse lourd sur le coût réel.

En LLD ou en LOA

Avec la location longue durée (LLD) ou la location avec option d’achat (LOA), les loyers sont déductibles, mais leur déductibilité reste plafonnée. Pour une électrique à 100 000 €, la part déductible est calculée au regard du plafond de 30 000 € : environ 30 % des loyers seulement sont déductibles, le reste étant réintégré au résultat. La TVA sur les loyers d’une voiture de tourisme n’est pas récupérable.

Côté avantage en nature, le calcul porte sur 50 % du coût global annuel (loyer, entretien, assurance). L’abattement de 70 % s’applique si le véhicule est écoscoré, dans la limite du même plafond d’environ 4 600 €.

La différence entre les deux formules se joue à l’échéance :

  • LLD : vous restituez le véhicule, sans risque de revente. Attention toutefois aux frais de fin de contrat (kilométrage excédentaire, remise en état) et au coût d’une restitution anticipée.
  • LOA : vous pouvez le racheter à la valeur résiduelle fixée dès la signature du contrat

2. Voiture de société électrique non écoscorée : un avantage réduit

Pour l’entreprise, rien ne change par rapport à un électrique écoscoré : même exonération des taxes annuelles et du malus, même plafond d’amortissement de 30 000 €. La différence tient à l’avantage en nature. Sans éco-score éligible, le véhicule est traité comme une thermique : 15 % du prix d’achat TTC au forfait, soit 15 000 € par an pour un véhicule à 100 000 € (ou 50 % du coût global annuel en location), sans abattement.

L’économie pour le salarié ou le dirigeant disparaît, mais celle de l’entreprise reste entière. Si votre véhicule est surtout utilisé à titre professionnel, avec peu d’usage privé, l’écart entre écoscoré et non écoscoré sera limité en pratique.

3. Voiture de société hybride rechargeable : un avantage devenu modeste

Les hybrides rechargeables bénéficiaient d’un régime de faveur. Depuis 2025, ce n’est plus le cas : elles ne sont plus exonérées de la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et n’ont plus droit à l’abattement sur l’avantage en nature.

Il reste un point d’appui : si le véhicule émet entre 20 et 50 g/km, le plafond d’amortissement s’élève à 20 300 €. C’est mieux que l’hybride simple, mais très loin des 30 000 € de l’électrique. Sur un véhicule à 100 000 €, près de 80 % du prix reste non déductible. Elles comptent encore comme véhicules à faibles émissions dans les obligations de verdissement de flotte jusqu’à fin 2026, mais plus au-delà.

Leur fiscalité n’est avantageuse que si le véhicule est rechargé régulièrement. Une hybride rechargeable utilisée comme une hybride simple cumule les inconvénients : une taxe CO2 calculée sur les émissions WLTP, sans la baisse de consommation qui justifie son surcoût.

4. Voiture de société hybride simple : aucun avantage fiscal

L’hybride non rechargeable supporte la taxe annuelle sur les émissions de CO2 et peut être soumise au malus, qui se déclenche dès 108 g/km en 2026. Son plafond d’amortissement reste de 18 300 € : pour un véhicule à 100 000 €, 81 700 € ne sont jamais déductibles. L’avantage en nature n’est pas réduit et atteint 15 000 € par an au forfait.

Son intérêt est pratique : pas de borne à installer, pas de contrainte d’autonomie, un usage proche d’une thermique. Mais fiscalement, elle ne se distingue pas d’un véhicule thermique sobre.

Cas pratique : le coût fiscal sur cinq ans

Prenons un véhicule à 100 000 € TTC, amorti sur cinq ans en linéaire, avec un impôt sur les sociétés à 25 %. Les chiffres sont arrondis et n’incluent pas les taxes annuelles, qui dépendent des émissions du modèle :

  • L’électrique écoscoré réduit l’avantage en nature de 23 000 € sur cinq ans par rapport aux deux autres
  • Ces 23 000 € correspondent à une base de rémunération en moins sur laquelle le bénéficiaire paie impôt et cotisations
  • Côté entreprise, l’électrique économise environ 2 900 € d’impôt sur les sociétés sur cinq ans par rapport à l’hybride simple

Comment le coût fiscal est calculé

Quatre mécanismes déterminent le résultat :

  • La taxe annuelle sur les émissions de CO2, selon le barème des émissions WLTP
  • S’y ajoute une taxe sur les polluants atmosphériques, dont les véhicules électriques sont également exonérés
  • Le plafond d’amortissement : 30 000 € (moins de 20 g/km), 20 300 € (20 à 50 g/km), 18 300 € (50 à 160 g/km), 9 900 € (au-delà de 160 g/km)
  • L’avantage en nature : 15 % du prix d’achat TTC pour un véhicule acheté, 50 % du coût global annuel pour un véhicule loué
  • Le malus à l’achat, dès 108 g/km de CO2 en 2026. Les électriques en sont exonérés

Acheter ou louer : comment choisir

L’achat convient si vous gardez le véhicule longtemps, si vous roulez beaucoup ou si votre trésorerie le permet. Vous maîtrisez la revente, mais vous portez le risque de dépréciation.

La location convient si vous renouvelez régulièrement votre flotte ou souhaitez des coûts prévisibles. Le loyer inclut souvent l’entretien et l’assurance, et le risque de revente est transféré au loueur.

À fiscalité comparable, trois critères départagent les deux formules :

  • L’horizon de détention : au-delà de cinq ou six ans, l’achat devient souvent plus rentable
  • Le niveau de prix du véhicule : à 100 000 €, seuls environ 30 % des loyers sont déductibles, ce qui réduit l’intérêt fiscal de la location
  • La trésorerie disponible : la location évite un décaissement initial important

Les autres éléments qui pèsent sur la décision

La fiscalité n’est pas le seul critère. Plusieurs autres éléments modifient le coût réel :

  • La recharge : l’électricité utilisée pour un véhicule professionnel est déductible, et la TVA sur la recharge est récupérable lorsque la facture est au nom de l’entreprise
  • Les bornes : la mise à disposition d’une borne de recharge ne constitue pas un avantage en nature jusqu’en 2027
  • Les aides : elles ont évolué et sont généralement réservées à des véhicules dont le prix est bien inférieur à 100 000 €. Vérifiez votre éligibilité avant de les intégrer au calcul
  • Les zones à faibles émissions : les électriques y circulent librement, ce qui limite les risques de restriction
  • Le verdissement de flotte : les entreprises concernées doivent renouveler leur parc avec une part croissante de véhicules à faibles émissions, sous peine de pénalités

Avant de décider

Simulez le coût total sur la durée de détention, en intégrant le kilométrage, la recharge et la revente. Vérifiez l’éco-score du modèle précis, car il conditionne l’abattement. Consultez votre expert-comptable avant de signer : la situation de votre société et l’usage réel du véhicule peuvent modifier le résultat.

👉 En conclusion :

  • L’électrique écoscoré est l’option la moins coûteuse sur tous les postes : pas de malus, pas de taxe annuelle, plafond d’amortissement le plus haut et avantage en nature réduit de 4 641,60 € par an
  • L’éco-score est le point décisif. Sans lui, l’électrique perd l’abattement sur l’avantage en nature
  • L’hybride n’a plus d’avantage fiscal propre depuis 2025. Il ne se justifie que par l’usage (pas de recharge, longs trajets)
  • La LLD/LOA réduit encore l’avantage en nature, qui est alors calculé sur le loyer et non sur le prix d’achat

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Questions fréquentes sur les voitures de société

C’est un score environnemental calculé par l’ADEME, qui prend en compte l’impact de la fabrication et du transport du véhicule, et pas seulement son usage. Les modèles produits en Europe sont généralement mieux placés. Il conditionne l’abattement de 70 % sur l’avantage en nature.

Non. L’exonération des taxes annuelles et le plafond d’amortissement de 30 000 € dépendent des émissions de CO2, pas de l’éco-score. Il joue uniquement sur l’avantage en nature du bénéficiaire.

Fiscalement, peu : taxe CO2 due, pas d’abattement, plafond de 20 300 € au mieux. Elle reste pertinente si l’usage et l’accès à la recharge justifient la motorisation.

Cela dépend de l’horizon de détention, du prix du véhicule et de votre trésorerie. À prix égal, la fiscalité est comparable. Vérifiez le plafond de déductibilité des loyers pour un véhicule coûteux.

Non. L’amortissement est plafonné à 30 000 € et la TVA sur l’achat d’une voiture de tourisme n’est pas récupérable. La recharge, elle, est déductible.