De nombreux dirigeants et investisseurs s’interrogent sur l’opportunité de délocaliser leur holding hors de France. Que ce soit pour des raisons fiscales, patrimoniales, ou pour accompagner une stratégie internationale, le transfert de la holding peut offrir des avantages… mais suppose une préparation rigoureuse.

Pourquoi envisager un transfert de holding ?

Les raisons qui poussent à déplacer une holding hors de France sont multiples :

  • Optimisation fiscale :
    • Taux d’IS inférieur dans certains pays (ex. Luxembourg, Irlande, Pays-Bas).
    • Régimes avantageux sur dividendes, plus-values ou droits de succession.
  • Stratégie patrimoniale :
    • Préparer une expatriation personnelle,
    • Faciliter la transmission familiale,
    • Diversifier les juridictions de détention.
  • Développement international :
    • Faciliter les investissements dans un autre pays,
    • Se rapprocher de filiales ou partenaires étrangers,
    • Accéder à un cadre juridique plus favorable (pactes d’associés, gouvernance).

Comment transférer une holding à l’étranger ?

Il existe deux grandes approches pour délocaliser une holding :

  1. Le transfert du siège social (transfert de siège statutaire)
  • La société change de siège social vers une autre juridiction.
  • Selon les pays, cela peut nécessiter :
    • La dissolution en France et la recréation à l’étranger,
    • Ou la reconnaissance juridique du transfert (cas rare).

👉 Exemple : certains pays européens (Luxembourg, Portugal) acceptent le transfert de siège, mais en pratique, beaucoup d’entrepreneurs choisissent plutôt une création ex-nihilo.

  1. La création d’une nouvelle holding étrangère
  • Le dirigeant crée une holding étrangère (Luxembourg, UK, etc.).
  • Les titres de la holding française ou des filiales lui sont apportés (apport de titres sous le régime de l’article 150-0 B ter du CGI).
  • La nouvelle structure devient la tête du groupe.

👉 C’est la méthode la plus utilisée, car plus simple et fiscalement sécurisée.

Les implications fiscales

⚠️ Un transfert ou une réorganisation de holding déclenche souvent une imposition latente en France.

  • Exit tax : si l’actionnaire personne physique transfère son domicile fiscal hors de France, les plus-values latentes sur ses titres sont imposables.
  • Droits d’enregistrement : en cas de transfert des titres vers une société étrangère.
  • Retenue à la source : sur les dividendes versés par la holding française à une société étrangère (sauf conventions fiscales favorables).

👉 Pour éviter une imposition immédiate, il est possible d’utiliser certains régimes :

  • Régime mère-fille européen (directive 2011/96/UE) qui permet l’exonération de retenue à la source intra-UE,

Apport-cession (art. 150-0 B ter) si les liquidités sont réinvesties.

Exemples de destinations courantes

  • Luxembourg :
    • Fiscalité attractive sur dividendes et plus-values,
    • Stabilité juridique,
    • Nombreuses conventions fiscales.
  • Pays-Bas :
    • Participation Exemption (exonération quasi-totale des dividendes et plus-values),
    • Cadre favorable aux holdings internationales.
  • Royaume-Uni :
    • Régime de participation avantageux,
    • Facilité de gouvernance,
    • Attractivité malgré le Brexit.
  • Portugal (Madeira) :
    • Régime spécial de zones franches,
    • Fiscalité réduite pour certaines activités.

Exemple pratique

Un dirigeant détient une holding française valorisée à 10 M€, avec des filiales en France et en Allemagne.

  • Objectif : préparer son expatriation à Londres et loger sa participation dans une holding britannique.
  • Étapes :
    1. Création d’une holding UK,
    2. Apport des titres de la holding française à la holding UK,
    3. Application du régime d’apport-cession (sous condition de réinvestissement).

👉 Résultat :

  • La holding UK devient tête de groupe,
  • Le dirigeant structure sa future transmission et bénéficie du régime britannique sur dividendes,
  • La fiscalité française est neutralisée à condition de respecter les engagements de réinvestissement.
Comparatif lieu Holding
Tableau comparatif : holding en France vs à l’étranger

👉 En résumé :

Déplacer sa holding hors de France peut être un outil puissant de stratégie patrimoniale et fiscale :

  • réduire la fiscalité sur dividendes et plus-values,
  • faciliter les investissements internationaux,
  • préparer une expatriation ou une transmission.

👉 Mais attention : une telle opération est complexe et nécessite :

  • un audit fiscal préalable,
  • une convention fiscale adaptée entre les pays,
  • un accompagnement juridique et fiscal spécialisé pour éviter tout risque d’abus de droit.

FAQ – Transfert de holding à l’étranger

Oui, mais l’administration fiscale peut contester l’intérêt si la direction effective reste en France.

Non. De nombreux dirigeants de PME utilisent ce schéma, notamment avec Luxembourg ou Pays-Bas.

Optimiser via une holding française à l’IS, ou recourir à une holding mixte (France + étranger).

Selon la localisation, les droits peuvent être réduits, mais la France conserve une compétence fiscale si les héritiers restent résidents fiscaux français.